ILS TEMOIGNENTS

AGORAPHOBIE

PHOBIE SCOLAIRE

Un matin, tu te réveilles, tu n’es plus comme avant. Tu as perdu ta joie de vivre, tu as peur des mouvements de foule. Tu ne te reconnais plus, tu n’es plus toi-même.

Dans ton lycée, tu développes cette agoraphobie. Sans t’en rendre compte, tu développes une phobie scolaire. Tout te fait peur, la foule, ta classe, tes amis : tu n’as plus confiance en personne, tu ne te fais plus confiance.

Ceci fut certainement le plus difficile à accepter. J’étais si joyeuse, ta famille, tes amis ne te comprennent pas. Tes proches essayent de t’aider à sortir de cette galère. Tu fuis les cours, tu sors des salles de classe en courant de peur de mourir. Tu fais peur et fais de la peine à tes proches. Ma vie était devenue ainsi, je sombrais dans la dépression.

Je pris alors la décision d’aller consulter trois thérapeutes. Un homéopathe, un hypnothérapeute et un magnétiseur. L’hypnothérapie m’a permis de sortir de la dépression. A cet instant, j’avais gagné ma première bataille. Je n’ai pas assisté aux cours pendant quatre mois, mais je voulais passer mon bac. Le rectorat fut très compatissant et m’a autorisé l’accès de la salle d’exament avec un membre de ma famille avant l’épreuve. J’avais une salle et un inspecteur rien que pour moi. La salle était adjacente à l’infirmerie et un membre de ma famille était dans la salle d’attente. J’ai fait plusieurs crises, mais j’ai tenu bon. J’ai obtenu mon niveau bac.

Quand tout cela vous arrive, on se sent seule. Pour y remédier, j’ai décidé de reprendre l’école par alternance et je commence maintenant à vaincre cette peur. L’amour de mon copain m’a permis de reprendre confiance en moi, malgré le décès soudain de deux membres de ma famille.

Cette année n’a pas été facile, mais j’ai survécu. J’ai divisé par deux mes doses de médicaments.

Par un article de journal, qui précédait une émission télévisée, j’ai découvert MEDIAGORA. Ma tante m’accompagnait et heureusement qu’elle était présente car au cours de la première réunion, j’ai fait plusieurs crises d’angoisse. Tout le monde m’a soutenue.

A dater de ce jour, je fais 50km chaque samedi pour me rendre à l’association MEDIAGORA ROUEN. Très vite mes progrès ont été remarquables. Aujourd’hui je vis encore des moments difficiles à l’école. Je ne vais pas gagner que des batailles, je vais gagner cette guerre grâce à ma famille, mes amis, mon copain. N’hésitez pas à me contacter car je sais qu’il est dur d’être seule. Moi je ne le suis plus et vous non plus.

Vous pouvez m’écrire sur le forum MEDIAGORA



AURELIE (21ans).

TOCS

Bonjour,

Je m’appelle Olivier, j’ai 27 ans et j’habite Beauvais dans l’Oise. Je suis un ancien phobique et cela depuis ma toute petite enfance. Je peux presque dire que je suis né avec.

J’ai commencé par une phobie scolaire, j’aimais l’école mais j’avais peur de m’y rendre.Le soir au retour de l’école, j’avais toujours mal à la tête, aussi je n’arrivais pas à faire mes devoirs. Dans la cour de récréation, j’étais toujours seul et celle ci me paraissait immense. J’avais toujours peur de tomber. Dans le gymnase où les cours de sport avaient lieu, je me sentais également très mal et là non plus je ne pouvais aller au milieu. Je restais dans un coin pendant que mes autres camarades participaient au cours. Quelquefois, j’essayais d’avancer, mais sans grand succès, très vite j’étais comme paralysé.

A cause de tout cela, j’ai redoublé mes classes primaires et lors de l’entrée en sixième, je n’étais pas de niveau. Je suis donc entré dans une section éducatrice spécialisée, mais j’étais incompris et j’ai beaucoup souffert. J’étais toujours seul. Nous avons ensuite déménagé et j’ai donc changé d’établissement scolaire, une école d’horticulture. Au début, environ pendant 6 mois, cela a été mieux, mais un soir ma mère est décédée. Elle était, elle aussi phobique, et souvent quand je rentrais de l’école elle était couchée.Elle s’était mise à consommer de l’alcool pour sortir de ses angoisses ; je ne peux lui en vouloir, je suis très fier d’elle.

Je veux simplement dire qu’il faut être vigilant et ne pas tomber dans ce piège mortel.

Après le décès de ma mère, j’ai fais connaissance avec les TOCS. Je vérifiais les portes, les fenêtres, le robinet et je me lavais les mains sans arrêt. Ma vie sentimentale a souffert de tous ces troubles. Je suis seul, j’aimerai avoir une compagne mais pour le moment c’est le vide.

En ce qui concerne les médecins, j’en ai vu plusieurs sans vraiment voir d’amélioration. Un jour j’ai vu un psychiatre comportementaliste et j’ai pu commencer une vraie thérapie. Je me suis mis à me bagarrer avec la maladie. Je me suis pris en main. Je profite de ce témoignage pour remercier mon papa qui m’a beaucoup aidé.

Aujourd’hui, je vais beaucoup mieux. Je suis pratiquement guéri. L’association MEDIAGORA ROUEN m’a beaucoup aidé. J’ai appris un métier, je suis accordeur de piano.

Je souhaite créer une antenne MEDIAGORA sur Beauvais pour aider les personnes qui, comme moi, souffrent de phobies et faire connaître ce trouble très invalidant.

Vous pouvez m’écrire sur le site Médiagora.

Olivier.

EMETOPHOBIE

On avait tendance à dire de moi que j’étais une petite fille sage quand j’avais sept ans. Et bonne élève en plus… Mais pourtant, j’ai pu me transformer en furie à l’idée de devoir entrer dans la même salle de classe qu’un élève souffrant de gastroentérite ou encore me sauver de l’école parce qu’un de mes camarades était souffrant. Quelle était cette force qui me métamorphosait ? Moi-même, je n’en avais qu’une conscience partielle et je me taisais obstinément devant mes parents décontenancés qui essayaient de comprendre.

Je n’ai compris que bien plus tard (peut-être au début de l’adolescence) que j’étais phobique. Emétophobe, plus exactement. C’est à dire que j’ai peur de toute forme de vomissements, qu’il s’agisse des miens ou de ceux des autres. Chaque repas est une épreuve. En effet, toutes les fois que je mange, je guette les réactions de mon corps les quatre heures suivantes afin d’être certaine que ce n’est pas cette fois que je vomirais. Tout être humain est pour moi un estomac potentiellement prêt à régurgiter dans la seconde suivante. Je suis constamment prête à fuir, au cas où. Ma vie est construite de « on ne sait jamais, s’il vomissait… ». Toutes ces pensées qui se bousculent dans mon esprit pour si absurdes qu’elles soient ne sont jamais réduites au silence par ma rationnalité et quand l’idée me vient que « peut-être hier, je n’ai pas bien lavé ma pomme, je sui sûre que j’ai une intoxication alimentaire, je vais très certainement vomir », alors la crise d’angoisse est inévitable. Mon estomac se contracte, j’ai les mains moites, mes pensées commencent à s’emballer. Et…je finis par avaler un axiolytique afin de ne pas me tétaniser complétement.

Jusqu’à mes quinze ans, rongée par la honte de l’anormalité, je n’ai rien dit. J’ai menti autant que possible. Je tombais mystérieusement malade les veilles de départ en bus, j’avais toujours des rendez-vous impérieux à l’extérieur quand un membre de ma famille était malade… Mais un jour, je n’ai pas pu tricher, la situation était trop difficile : on m’a vomi sur les pieds. Incapable d’endiguer mon émontion, j’ai raconté ma Peur à quelqu’un qui se souciait de me voir bouleversée. Et cette personne ne s’est pas moquée. C’est alors que j’ai commencé à en parler autour de moi, élargissant progressivement le champ de mes confidences? Même si j’ai essuyé de nombreux déboires, c’est ce qui m’a permis d’entamer la guérisons. Parce que passer outre la sensation d’humiliation, c’est déjà ôter à la phobie une de ses raisons d’être. Ce qui a été plus décisif encore, c’est mon séjour dans le service psychiatrique d’un centre hospitalier. Bien que je m’y refusais au départ, c’est à ce moment-là que j’ai commencé à prendre des anti-dépresseurs qui, à certaines doses, ont un effet anti-obsessionnel. J’ai commencé à vivre normalement… A avoir des nuits sans cauchemars, des heures sans angoisses, des amis sans les soupçonner d’avoir mal au coeur… Ensuite, j’ai décidé d’oser engager une thérapie. Après plusieurs échecs, j’ai rencontré un psychiatre comportementaliste. Sa méthode s’axe à la fois sur la relaxation et la confrontation afin d’obtenir une maîtrise progressive du symptôme. Et aujourd’hui, même si je ne peux pas dire que je suis guérie, même s’il y a des jours où j’ai du mal à croire qu’un jour je n’aurai plus peur, ma vie est beaucoup plus légère. Les rencontres qui ont jalonné mon parcours ont aussi eu une considérable importance. Je me suis entourée de gens qui refusaient de regarder une phobie comme un défaut, laissant les autres se noyer dans leur étroitesse d’esprit. J’ai également lié connaissance avec des personnes aux maux comparables au mien par le biais de l’ASSOCIATION MEDIAGORA. Tout cela me mène, à 21 ans, à prendre mon mal, non pas comme un fatal et injuste sortilège qui pèsera sur mes épaules durant le reste de ma vie, mais comme une épreuve que je surmonterai parmi d’autres.



RACHEL (21ans).

PHOBIE SOCIALE

Bonjour à tous, je reçois aujourd’hui le journal de Médiagora et ça me donne envie de répondre, de vous écrire.

En effet, j’ai souffert, plus que je ne souffre de phobie sociale. C’était surtout quand j’étais adolescente. Par exemple, je ne pouvais pas aller en ville, dans les magasins ou les rues piétonnes, trainer, sans un but. Si je n’avais pas une course précise, un itinéraire précis, je me sentais mal.

De quoi j’avais peur? Qu’est-ce qui se passait? Je me suis longtemps posé la question. J’ai eu un autre problème d’anorexie mentale et à 18 ans, j’ai commencé une thérapie qui continue… J’ai 31 ans.

Maintenant, il me semble que je peux davantage répondre à cette question, c’est pourquoi j’aimerai vous communiquer mes réponses et mes défenses, peut-être aideront-elles certain(e)s d’entre vous? Je crois que c’est du regard des autres dont j’ai peur. Qu’ils voient quoi? Qu’ils voient ma faiblesse, ma défaillance. Quel genre ? Cela concerne la Féminité. J’ai peur qu’on voit que je ne suis pas sûre de moi dans ce domaine là. Ca passe par tout un inventaire physique: je suis trop grosse, j’ai des boutons, je suis godiche, j’ai un grand nez ou les cheveux sales… un peu des prétextes.

C’est surtout que je ne suis pas comme je voudrais être. D’où l’anorexie : devenir parfaite, mince mais surtout rester un enfant. Ne pas grandir. Ne pas devenir une femme parce que je ne veux et ne peux devenir comme l’idéale. Quelques fois, j’ai l’impression de frôler cet idéal mais j’ai l’impression d’en faire trop, l’impression de ne pas être moi-même.

Pourquoi? Peut-être parce que ma mère était implacable comme personne. Elle jugeait les gens de façon autoritaire te sans appel. Peut-être aussi parce que, enfin, j’étais  » grosse  » et je me suis faite  » lyncher  » par d’autres enfants. J’avais peur d’aller à l’école à cause des autres. J’étais enfant, un peu naïve, un peu bébé.Alors les défenses? Et bien, au fil du temps, j’ai appris à me dire des choses, à me conditionner. Il faut que je me dise que j’ai le droit à la différence. Même si je suis grassouillette, ni laide, ni moche. Je suis comme je suis. Aux autres de m’accepter comme telle et si je ne plait pas (ça, c’est très difficile à accepter) ce sont eux qui n’en valent pas la peine.

Il a fallu que j’arrive à tout recentrer sur moi. C’est moi qui compte, ce que je veux, ce que je vaux. Si les autres me dénigrent, c’est qu’ils ne sont pas capables de voir ce que je vaux. Alors, quand je suis dans la rue et que je me sens mal, je dis dans ma tête aux gens « je t’emmerde ». Et puis j’avais l’impression, quand j’étais seule quelque part que l’on voyait que j’étais seule dans la vie.comme si les gens pensaient: « elle cherche quelqu’un. Quelle honte à 31 ans d’être seule, c’est pas normal. Et t’as vu la tête qu’elle a, elle ferait mieux de rester chez elle ». Alors je reponds : « Oui, je suis seule, ça arrive. J’assume. Je suis comme çà, c’est mon droit. Bon, des fois, c’est vrai, j’assume pas et je reste chez moi ».

Une autre défense, c’est aussi de me répéter les quelques qualités que je pourrais mettre en avant. Essayer de vivre dans un contexte valorisant. Penser à çà pour affronter l’autre. Vous avez ce que j’ai découvert, aussi, c’est qu’à force de me défendre, il parait que çà me donne un air franchement pas aimable. Une maman d’un copain de mon fils m’a dit: « Si vous n’étiez pas venue me parler, je ne l’aurai pas fait ».

Alors je me suis dit que les gens ne pensaient pas forcément du mal de moi ! Ils ne sont pas tous comme ma mère, ni comme les enfants à l’école ! Finalement « JE NE SAIS PAS CE QU’ILS PENSENT !! » Alors, le meilleur moyen c’est peut-être d’aller parler avec eux pour le savoir. Cà, c’est difficile. En tout cas, il y en a peut-être qui ne me jugent pas. C’est le fait de ne pas savoir ce qu’ils pensent qui me laisse un espace de liberté, je ne me sens plus condamnée. J’ai le droit d’exister et d’être là parce que dans le lot de tous ces inconnus et de tous ces gens, il y en aura peut-ête quelques uns qui m’apprécieront.


En tout cas, à MEDIAGORA JE ME SUIS SENTIE NON JUGEE ET ACCEPTEE COMME TELLE.


CECILE

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