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L'agoraphobie est un trouble de l'anxiété lié au fait de se trouver en des endroits ou des situations d'où il pourrait être difficile de s'échapper ou dans lesquelles aucun secours ne pourrait être trouvé en cas d'attaque de panique ou de symptômes de type panique. L'agoraphobie conduit à éviter de nombreuses situations. C'est l'incapacité réelle ou fictive de maîtriser ses comportements et/ou ses émotions dans des situations de peurs irraisonnées. Peur prononcée d'un certain nombre de situations, notamment celles dont l'individu ne peut s'échapper facilement ou bien les situations où il ne perçoit pas la possibilité d'être secouru en cas de difficulté. La panique est une réaction normale devant un danger imminent. Elle déclenche, lorsque cette réaction survient, un ensemble de réactions physiques et émotives. Cependant, lorsque cette réaction survient sans aucune raison apparente, alors c'est une attaque de panique. Une attaque de panique est une période d'anxiété ou de malaise bien délimitée marquée par une peur ou une terreur associée à des sensations physiques présentes normalement dans une situation de catastrophe imminente. L'attaque de panique est accompagnée par au moins 4 symptômes physiques ou émotifs parmi les suivants :Palpitations, rythme cardiaque accéléré Tremblements Transpirations, sueurs froides Etouffement ou sensation de manquer d'air Etranglement Douleur thoracique Vertige ou tête vide Gorge serrée Peur de s'évanouir Engourdissement, picotements Nausées, troubles digestifs ou intestinaux Faiblesse musculaire, jambes molles Frissons ou bouffées de chaleur Peur de perdre le contrôle, de devenir fou Peur de mourir Dépersonnalisation, sensation d'être déconnecté de son corps Impression d'être en dehors de la réalité Au moins 2% de la population souffre de ce trouble. |
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Peur irraisonnée, intense et persistante de situations sociales. la personne redoute d'être évaluée critiquée ou jugée ridicule. Elle craint d'être exposée à l'éventuelle observation attentive d'autrui et donc d'agir de façon humiliante ou embarrassante.
Elle reconnait le caractère excessif de la peur. Pourtant, les situations sociales ou de performances sont évitées ou vécues avec une anxiété et une détresse intenses.
L'évitement, l'anticipation anxieuse ou la souffrance dans les situations redoutées sociales ou de performances perturbent, de façon improtante, les habitudes de l'individu, ces activités professionnelles (ou scolaires), ou bien ses activités sociales ou ses relations avec autrui. |
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Il y a des personnes qui après une ou plusieurs attaques de panique vont consulter le médecin et apprennent que tout cela est causé par les nerfs.
Elles sont rassurées, changent ainsi leur façon de vivre et règlent leur problème. |
PHOBIE
| PEUR
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Acérophobie Aérodromophobie Achluophobie Acrophobie Agoraphobie Alchurophobie Aïlourophobie Akousticophobie Algophobie Altophobie Amatophobie Ancraophobie Anginophobie Apopathodiaphulatophobie Anthropophobie Antlophobie Antophobie Aracnophobie Astraphobie Baciliphobie Batophobie Bélonéphobie Blemmophobie Brontophobie Carcinophobie Claustrophobie Climacophobie Clinophobie Cnidophobie Coprophobie Cynophobie Démophobie Electrophobie Enétéphobie Entomophobie Erémitophobie Erythrophobie Génophobie Géphyrophobie Graphophobie Haematophobie Haptophobie Harpaxophobie Hédonophobie Hodophobie Hydrophobie Hypégiaphobie Hypnophobie Katagélophobie Kathisophobie Kénophobie Képtophobie Koniphobie Leukophobie Limnophobie Lyssophobie Musophobie Mysophobie |
De ce qui a un goût sûr Des avions De l'obscurité De ce qui est tranchant De la foule De ce qui est pointu Des chats Des sons De la douleur De l'altitude De la poussière Du vent De l'étroitesse De la constipation De l'homme Des inondations Des fleurs Des araignées De la foudre Des microbes De marcher Des aiguilles Du regard Du tonnerre Du cancer Des endroits renfermés Des escaliers De se mettre au lit Des piqûres d'insectes Des excréments Des chiens Des foules De l'électricité Des épingles Des insectes De la solitude De rougir Du sexe De franchir les ponts De l'écriture Du sang De toucher Des voleurs Du plaisir Des voyages De l'eau Des responsabilités Du sommeil Du ridicule De s'asseoir Du vide Du vol De la poussière De la couleur blanche Des lacs De la folie Des souris De la poussière |
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Le trouble obsessionnel compulsif (TOC) se caractérise par l'existence d'obsessions (pensées ou représentations incessantes), souvent associées à des compulsions (comportements ou actes mentaux répétés de façon irrépressible). Cette pathologie, source d'anxiété et de détresse importantes, est relativement fréquente puisqu'elle touche 2 à 3% de la population française. Les personnes victimes d'un TOC sont généralement jeunes : environ deux tiers des cas débutent avant 25 ans (50% avant 18 ans).
Il faut préciser que ces chiffres sont vraisemblablement inférieurs à la réalité dans la mesure où un nombre non négligeable de personnes atteintes ne vont pas consulter en raison des sentiments de honte et de culpabilité généralement ressentis. La première consultation a lieu en moyenne 8 à 10 ans après le début des troubles ! L'obsession est une idée ou une représentation qui se répète inlassablement, qui est inappropriée dans le sens où son contenu peut être effrayant, douloureux, dégoûtant ou même trivial. L'obsession est qualifiée d'intrusive car elle occupe l'esprit du sujet malgré lui. A la longue, elle entraîne détresse et angoisse et handicape parfois car elle perturbe la vie sociale et professionnelle. La personne atteinte perd le sens des priorités, même si elle a bien conscience que ses obsessions viennent de sa propre activité mentale et non d'une situation extérieure. Elle tente de les chasser ou même de les ignorer. Parfois, elle essaie de les neutraliser par d'autres pensées ou actions. Mais, malgré ces efforts, les obsessions persistent de façon incontrôlable. La liste des obsessions rencontrées est longue et variée. Parmi les plus fréquentes, il y a celles se rapportant à la phobie de la saleté, aux craintes de certaines maladies (cancer, Sida ...) ou de contamination par des germes, la peur d'avoir des pensées irraisonnées sur la sexualité ou la religion. Dans d’autres cas il s'agit d'obsessions agressives ou impulsives (peur d'agresser ou d'être agressé, de commettre un acte impulsif). L'obsession peut également concerner le besoin d'ordre ou de symétrie, ou des préoccupations de précision et de perfectionnisme. Citons également la crainte de ne pouvoir se débarrasser d'objets inutiles. Les compulsions : répéter sans cesse le même rituel Le sujet se sent poussé à répéter de façon irrépressible le même comportement ou les mêmes actes mentaux. Les compulsions sont parfois destinées à combattre les obsessions, mais le plus souvent elles sont excessives, sans véritable relation avec ce qu'elles sont sensées empêcher. Le malade qui obéit à ces rituels pour tenter de combattre son angoisse a conscience du caractère inapproprié et absurde de son comportement. Celui-ci est rigoureusement codifié selon des règles pouvant être très simplistes ou au contraires très élaborées. Les compulsions n'apportent le plus souvent qu'un soulagement temporaire de l'anxiété du patient, le laissant généralement dans un important désarroi. Les compulsions peuvent prendre différentes formes, les rituels de lavage et de vérification étant les plus courants : ce sont des séances incessantes de toilette et de nettoyage, des vérifications sans fin des lumières, de la fermeture des portes ou du gaz ... Dans d'autres cas, il s'agit de l'entassement d'objet divers (journaux, détritus, objets inutiles), de compulsions de rangement, de déambulations continuelles. Certaines compulsions sont d'ordre idéatoire et poussent le sujet à sans cesse compter, prier, à proférer des formules conjuratoires ou à poser des questions, cherchant ainsi à se rassurer. |
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« Le Nouvel Observateur »
Février 2003
C’est le mal de l’époque. Il ronge la vie de millions de Français, pour qui chaque décision, chaque confrontation est une épreuve douloureuse. Naît-on anxieux? Le devient-on à la suite d’un événement traumatisant? Doit-on accuser une société de plus en plus cruelle? Quels moyens a-t-on aujourd’hui – chimiques, psychiatriques, «comportementaux» – de combattre l’anxiété? Anne Fohr a mené l’enquête. *****Votre chef vous appelle dans son bureau, vous pâlissez? Il vous félicite, vous respirez…..un peu? Vous avez acheté un turbot pour ce soir, vous auriez dû prendre de la lotte? Vous n’avez fait que la moitié de votre programme, c’est affreux? Vous vous gâchez le dimanche parce que demain c’est lundi? Voilà quinze ans que vous redoutez de décrocher le téléphone? Mèche de cheveu tripotée, chewing-gum à portée de main, jambes nouées, genou qui bat la mesure, mains moites, vous vous reconnaissez? Bon, vous êtes un ou une anxieuse. Et cela vous fait peur. Mais interrogez vos proches: «Es-tu anxieux?», et faites le compte! En cherchant bien, vous trouverez un cow-boy qui déclare: «Ah non, je ne connais pas ça.» Tous les autres l’avoueront: oui, ils sont parfois ou souvent, un peu, beaucoup, ou follement anxieux! L’anxiété, ils la vomissent ou la supportent, la banalisent, la traquent, l’absorbent. Chacun expose ses stratagèmes pour juguler cet état qui le renvoie parfois à une scène d’enfance: le violoncelle qui ne tenait pas dans les mains un jour d’audition, la peur de la mort un soir de grosse fièvre. L’un arrive toujours très en avance à la gare, l’autre subit stoïquement de longues périodes d’insomnie, beaucoup font du sport une religion, et de l’activité une soupape de sécurité. «Je m’arrange pour être débordé, explique Louis, et je me contrôle pour éviter d’emmerder mon entourage.» «Je suis un authentique cas, plaisante Antoine. J’ai un hamster intérieur, qui me laisse peu de répit. Mon anxiété a un côté dérisoire et délirant mais je ne peux pas vivre sans.» Et de raconter comment il se gâche le meilleur de son temps. Il «respire» quand il nage, mais... il part pour la piscine à reculons: «On y attrape des verrues plantaires.» Son mot favori: «Je suis la mère juive de moi-même.» Que disent les spécialistes? Ils rappellent d’abord que l’anxiété est constitutive de la nature humaine (voir l’article de Fabien Gruhier p.18). Sans elle, pas de progrès ni d’inventions. Etre dénué de cette capacité à redouter un événement nous affaiblirait. Il existe bien quelques rares surdoués du bonheur mais ils frôlent parfois l’état d’imbécile heureux… «J’ai été fasciné le jour où j’ai cru tenir un a-anxieux, raconte le psychiatre Patrick Légeron, créateur d’un cabinet spécialisé dans les problèmes de stress en entreprise. Je l’ai pris pour Epictète, puis pour Diogène, avant de découvrir que sa vie n’était qu’une suite d’impasses. Sans anxiété, on peut être comptable mais pas artiste…» En somme, à petites doses, l’anxiété serait un bon carburant pour la vie. Le problème, c’est quand elle prend trop de place, envahit, ronge le quotidien et rend malade. C’est aujourd’hui le cas de beaucoup de gens. L’anxiété est-elle en passe de devenir un fléau, en France comme dans tous les pays industrialisés? C’est probable. Pas de chiffres solides, mais des estimations éparses qui, recoupées, permettent au docteur Patrick Légeron de dire: «Entre 4% et 8% d’entre nous auraient des troubles graves, et 15% ne seraient pas bien…» Des millions de gens, une personne sur cinq au total, présenteraient un jour ou l’autre un trouble anxieux de gravité non négligeable. Le niveau moyen d’anxiété a doublé en quarante ans, révélait en 2000 une enquête américaine ayant comparé deux groupes de jeunes des années 1950 et 1990. Le niveau atteint par le second groupe aurait été considéré comme relevant de la psychiatrie dans les années 1950! Au-delà des chiffres surgissent un peu partout des signes inquiétants. Les consultations spécialisées dans l’anxiété ou les «troubles de l’humeur» – une dizaine dans les hôpitaux publics – sont saturées. «La demande a éclaté», explique le docteur Jean Cottraux, responsable de l’unité de traitement contre l’anxiété au CHU de Lyon. «Ici, nous sommes 10 médecins, mais nous avons des listes d’attente de 200 personnes et nous renvoyons la moitié des appels vers le privé.» Des associations de malades se forment. Une des plus importantes, MEDIAGORA(1), créée en 1998, est présente dans six régions aujourd’hui. Des sites s’ouvrent sur le Net pour informer, conseiller ou vendre des bouquins, des tests, des exercices d’«apprentissage du lâcher-prise», sans oublier les gadgets relaxants et apaisants, de la cascade d’intérieur aux oreillers parfumés au lait maternisé. La dépression ayant fini par figurer sur ses tableaux de bord, le monde de l’entreprise commence aussi à s’en préoccuper: Renault, suivi par d’autres, a créé un observatoire interne du stress, baptisé Hom Sad, pour «stress, anxiété, dépression». Les pédiatres et médecins généralistes renvoient vers les psychiatres de plus en plus d’enfants anxieux: «Quels que soient leurs troubles, dit le docteur Stéphane Clerget, le mot anxiété est désormais présent dans toutes les lettres qu’ils m’adressent.» Dans un livre paru l’an dernier (2), le docteur Gisèle George tire la sonnette d’alarme et incrimine le «stress chronique» devenu omniprésent chez les enfants, à l’origine de la phobie scolaire. Elle organise pour eux des «groupes d’affirmation de soi», comme il existe pour les adultes des «stages de désensibilisation à l’angoisse». Cinq pour cent des enfants souffriraient de pathologies anxieuses, révèle ce mois-ci une enquête de l’Inserm. L’ouvrage le plus impressionnant de tous, cette année, est sans doute «Petites Angoisses et grosses phobies» (3), écrit par le psychiatre Christophe André, qui détaille pour nous les mille manières d’être anxieux. Du simple trac au terrible TOC (trouble obsessionnel compulsif), de l’inquiétude passagère au TAG (trouble anxieux généralisé), de l’«apopathodiaphulatophobie» (peur de la constipation) à l’«oïcophobie» (peur de revenir chez soi après une hospitalisation), que de troubles anxieux répertoriés sous des noms qui paraîtront drolatiques quand ils ne feront pas frissonner. Ainsi, la rougeur devient «éreutophobie»… On frémit en découvrant certaines montées aux extrêmes: il y a des gens qui mangent sur un escabeau, la tête penchée loin en avant de peur de laisser tomber des miettes sur eux. D’autres n’ont plus de peau sur les mains à force de les laver, ou étouffent au milieu des sacs d’ordures qu’ils ne «peuvent» pas jeter. Et la frontière est souvent mince entre la simple peur et la vraie phobie, l’appréhension et la crise de panique, la précaution et la manie dévorante, la timidité et la réclusion volontaire. Mais pourquoi devient-on malade un jour? Naît-on anxieux? L’environnement nous prédispose-t-il à le devenir? Un accident de parcours peut-il être un élément déclencheur? Pour les psys, les trois facteurs se conjuguent. Pour les gens qui souffrent, c’est le brouillard. Ils racontent souvent un «enfer», un «cancer» qui les ronge, une vie «comme dans un monde en guerre», ou un enfermement dans «une prison mentale». Certains plongent un matin, avec le sentiment qu’«un barrage» se rompt dans leur existence. Pour Annie, ce fut le 1er avril 1990. Il y a «le monde avant et le monde après», dit-elle. Ce matin-là, en un quart d’heure, le corps en sueur, plongée dans l’irréalité, persuadée de sa mort imminente, la lycéenne de classe terminale «sombre dans le néant». Un quart d’heure à hurler avant deux ans de réclusion, d’incompréhension de la famille et de recherche d’un «bon» diagnostic: agoraphobie. Pour Jean-Marc, étudiant interne dans une prestigieuse école préparatoire, c’est la veille d’un week-end que sa phobie sociale s’est déclenchée: l’ancien enfant très timide, invité à une fête de promotion, craque. Epouvanté, il se terre deux jours chez lui sans bouger, rideaux fermés, pour faire croire qu’il est parti. Abandon des études, formation courte à mi-temps, Jean-Marc travaille aujourd’hui, mais au prix d’efforts titanesques, aidé par un psychiatre. A l’inverse, d’autres mettent des années à dégringoler. Serge, ancien «enfant nerveux», était un cadre performant dans la grande distribution quand sa vie, sur fond de 70 heures de travail, a lentement fait naufrage. Il est aujourd’hui en invalidité et refait doucement surface. Il n’a plus «tout à fait peur de tout» et va jusqu’à la boîte à lettres sans avoir «la sensation de s’asseoir sur la chaise électrique». Personne ne serait à l’abri, y compris les gens puissants et solides en apparence. A Lyon, le docteur Jean Cottraux a baptisé «syndrome de la Part-Dieu» les crises de panique qui frappent les cadres débarquant de leur TGV dans cette gare… L’individu frappé de TAG (trouble anxieux généralisé) invente souvent des parades pour donner le change. «J’ai connu une dame, se souvient Patrick Légeron, qui avait épousé un chauffeur de taxi pour ne jamais affronter les transports collectifs.» «Beaucoup organisent leur vie autour de l’anxiété et s’épuisent à donner le change, explique Annie Gruyer, présidente de l’association Mediagora Paris. L’entourage n’est pas capable de le voir.» Elle sait de quoi elle parle, cette ancienne phobique passée par des batteries d’examens médicaux, deux ans de psychothérapie et des séances d’hypnose ericsonienne, sans succès. C’est en contactant, au lendemain d’une émission de télévision, le docteur Christophe André à l’hôpital Sainte-Anne qu’elle «refait surface». Le docteur met un nom sur ses troubles, la rassure et lui propose un programme de soins en plusieurs étapes. En six mois, elle «fonctionne un minimum». Aujourd’hui, elle reste «touchée» mais gravit à vélo les cols des Pyrénées. Sa devise: «Just do it!» Comme de nombreux malades, elle est une propagandiste fervente des thérapies cognitives et comportementales. Ces dernières ne s’intéressent pas à l’histoire d’un individu mais à son seul trouble, qu’il s’agit de faire disparaître en lui apprenant à se comporter et à penser autrement. Le programme de soins a le mérite d’être concret, diversifié et de courte durée. Il mélange le plus souvent de la relaxation, des exercices, des entretiens individuels et du travail en groupes. Suivi pas à pas, stimulé, encouragé, le patient y apprend à affronter en face ses phobies et ses obsessions ou à surmonter son appréhension des autres en relevant de petits défis de plus en plus importants. Il n’est pas rare de voir un thérapeute comportementaliste accompagner un patient pour un exercice: c’est en compagnie de son psychiatre que Jean-Marc est parvenu à demander son chemin à des inconnus et à essayer des vêtements dans un magasin sans rien acheter. Il en est aujourd’hui à fréquenter tout seul les speed-dating, ces rencontres chronométrées où vous êtes censé nouer une relation sans préambules. «Je m’aime un peu plus», dit aujourd’hui Serge, qui ne tarit pas d’éloges sur le seul psychiatre qui l’a sauvé, un comportementaliste: «Lui a pris part à ma souffrance. Il a utilisé une petite lime pour gommer les mauvaises interprétations que j’avais de certaines choses.» Les psychiatres comportementalistes ont beau n’être encore qu’une poignée – moins d’un millier sur 10000 –, ces médecins ont le vent en poupe. Dix ans après le Québec, vingt ans après les Etats-Unis, une Association française des Troubles anxieux (Afta) s’est formée en 2001 autour des pionniers. Se fondant sur le répertoire américain des maladies mentales – le DSM, qui englobe les troubles anxieux –, ils estiment que l’on peut évaluer un patient en se fondant sur cette nomenclature, ainsi que sur des échelles de mesure des symptômes, de leur intensité, de leurs formes, de leur fréquence, et de leur durée. Pour eux, l’anxiété, c’est «comme la tension artérielle ou le cholestérol: on en a tous mais il y a des seuils à ne pas dépasser». Et on peut juguler les excès avec les outils d’aujourd’hui, médicaments et thérapies comportementales et cognitives (TCC) en tête. «Mais nous n’en sommes qu’au Moyen Age», estime le docteur Patrick Légeron. Pour lui, «les challenges sont extraordinaires» et des thérapies «virtuelles» se préparent pour demain: un casque en trois dimensions est à l’étude. Pourtant ces praticiens ne font pas l’unanimité chez tous les soignants, psychanalystes en tête. Faut-il parler d’une guerre de tranchées entre eux? Cela en a tout l’air parfois. Pour les comportementalistes, «les psychanalystes s’intéressent plus aux maladies qu’aux malades», «séduisent mais ne guérissent pas», «lisent Freud comme les rabbins la Bible» et «manipulent» les esprits… De leur côté, les analystes accusent les adeptes des thérapies comportementales et cognitives de «ne faire que de la gonflette» – entendez qu’ils dopent les patients mais sans effet durable – et d’être «soumis aux labos pharmaceutiques». Ils dénoncent aussi l’ubuesque «nomenclature» chérie des psychiatres américains, qui est passée de 108 classifications dans l’édition précédente à 306 aujourd’hui. Heureusement que nombre de praticiens restent en retrait des leaders des deux camps et choisissent l’éclectisme des soins. Dans un livre à paraître (4), le docteur David Servan-Schreiber, psychiatre, chercheur en sciences cognitives formé aux Etats-Unis, raconte comment après une longue confrontation avec les médecines indiennes et tibétaines, il a appris à soigner autrement qu’avec les médicaments et la psychanalyse. Tous, cependant, posent la question qui taraude: l’anxiété, ce mal hybride, cet iceberg, ce kaléidoscope, n’est-elle pas d’abord l’expression d’un mal de vivre ambiant? Un mal ancien, que la presse scrutait sous forme de «stress» au cours des Trente Glorieuses, puis de «déprime» à la fin du siècle dernier? Que les sociologues appelaient hier «crise de civilisation» et qu’ils déclinent maintenant en violences, souffrance au travail, crise de la famille? Que confirment ces sondages sur la flambée des peurs collectives? «Voilà dix ans, dit Robert Rochefort, le directeur du Credoc, auteur d’une «France déboussolée» (5), que les inquiétudes progressent, reprise économique ou pas, sans épargner aucune catégorie sociale.» Dans un livre choc qui paraît cette semaine, «les Passions tristes» (6), deux «vétérans de la psy» racontent comment tous les services de soins sont aujourd’hui devenus «l’entonnoir où converge la tristesse diffuse qui caractérise la société d’aujourd’hui». Il reste pourtant, sans attendre une miraculeuse transformation du monde, le combat que chacun des anxieux peut mener, non pas seul mais avec l’aide des nombreuses thérapies qui lui sont offertes, pour reprendre, selon la formule du docteur Zarifian , «la maîtrise de sa propre vie». Anne Fohr (1) Mediagora, www.mediagora.fr.st (2) «Ces enfants malades du stress», par Gisèle George, Editions Anne Carrière, 2002, 186 p., 15 euros. (3) «Petites Angoisses et grosses phobies», par Christophe André et Muzo, Seuil, 2002, 240 p., 19,50 euros. (4) «Guérir le stress, l’anxiété, la dépression sans médicaments ni psychanalyse», par David Servan-Schreiber, Robert Laffont. (5) «La France déboussolée», par Robert Rochefort, Odile Jacob, 2002, 250 p., 19,50 euros. (6) «Les Passions tristes», par Michel Benasayag et Gérad Schmit, la Découverte, 188 p., 14 euros.
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Octobre 2001. Article paru dans le magazine d'information Paris-Match à la rubrique santé: |
ANXIETE: MINICHROMOSOME SURNUMERAIRE Certaines personnes vivent dans la terreur souffrant de troubles anxieux dévastateurs. L'équipe du docteur Xavier ESTIVILL du centre médical et de biologie moléculaire de Barcelone, vient de trouver une base génétique à cet état. En étudiant le génome de familles dans lesquelles la fréquence des sujets souffrant de phobies sociales, de crises de panique ou d'agoraphobie est grande, les chercheurs ont découvert qu'une toute petite région du chromosome 15 est dupliquée chez 90% d'entre eux, formant un "minichromosome surnuméraire". Dans une série de 70 personnes sans liens familiaux souffrant de problèmes similaires, cette anomalie a été retrouvée dans 97% des cas, tandis que chez les gens indemnes de troubles, elle n'existe que dans 7% des cas. Ce minichromosome surnuméraire, nommé DUP25, est constitué de 60 gènes dont 23 ont été identifiés et semblent, pour certains, par le biais des protéines qu'ils produisent, capable d'interagir avec différents neurones. Un facteur déclenchant est nécéssaire, le plus probable étant un environnement anxiogène. Pour les chercheurs, l'identification et la compréhension du rôle des protéines produites par le DUP25 devraient permettre l'élaboration de traitements curateurs, éfficaces et ciblés. |
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MJC Saint-Sever, Place des Faïenciers, 76100 ROUEN Médiagora, association loi 1901, a été créée le 12 juillet 1995 par Madame Catherine MILOT à Lille |
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